< Article précédentArticle suivant > Interview d'Hafsia Herzi, version "Française"
par Frédéric Bouchaud, jeudi 29 mai 2008
Avec
Française de
Souad El Bouhati,
Hafsia Herzi revient au
cinéma pour la 1ère fois depuis son César du "Meilleur espoir féminin" en 2008 dans La graine et le mulet de Kechiche. Sa carrière tout juste débutée, elle envisage déjà de passer derrière la caméra.
Dans Française, Hafsia Herzi interprète Sofia. Née en France et d'origine maghrébine, Sofia quitte l'Hexagone à l'âge de 10 ans pour le Maroc, contrainte par ses parents. Elle se jure de réussir son bac et de revenir dans son pays à 18 ans.
Cinefil : Le succès de La graine et le mulet pour lequel vous avez obtenu un César a-t-il changé votre approche du rôle de Sofia ?
Hafsia Herzi : Non, c'était comme si c'était la 1ère fois. Les
films ne sont pas comparables. Le scénario me tenait à cœur. C'est bien d'être dans la peau d'un personnage totalement différent de moi. Parce que j'ai grandi en France, je ne suis pas repartie en Algérie à l'âge de 10 ans.
Comment avez-vous abordé le personnage de Sofia ?Quand j'ai lu le scénario, j'avais un peu peur parce que je trouvais que Sofia était un peu énervante. J'en ai parlé longuement avec la réalisatrice et Souad m'a dit :
"c'est à toi de rendre le personnage touchant". Il ne fallait pas qu'on se dise que c'est une enfant gâtée. Il faut qu'on sente qu'elle n'est pas bien.
Est-ce que vous appréhendez la sortie du film ?Non pas du tout. Le
film a été projeté à
Cannes. J'ai monté les marches pour le
film. L'accueil a été plutôt bon.
Votre notoriété lors de la montée des marches vous a -t-elle surpris ?C'était rigolo. C'est le président Gilles Jacob qui m'a invitée. Quelques uns m'ont demandé des autographes. C'est quelque chose d'éphémère. Ce soir je rentre chez moi à
Marseille chez ma mère, je suis bien contente.
Avez-vous assisté à des projections lors du festival ?J'ai vu Un conte de Noël d'Arnaud Desplechin. J'aime bien, mais ce n'est pas mon style de
film. Moi c'est le cinéma d'auteur, mais moins intello, parce qu'après, je ne comprends pas trop les messages.
Quels sont vos projets désormais ?Je vais réaliser un court-métrage à
Marseille,
Il me semble que je t'aime. C'est une histoire d'amour, une comédie à la marseillaise entre un gitan et une fille de quartier. Lui est très macho, elle est très libre. Ils s'aiment et ne se le disent pas et vont prendre des chemins différents. J'aimerais le réaliser et le jouer. Je vais ouvrir le casting bientôt. Je prendrais des non-professionnels. J'espère faire le long-métrage l'année prochaine, à
Marseille aussi.
Qu'est-ce qui vous a poussé à passer derrière la caméra ?Depuis toujours j'en avais envie et puis j'ai eu l'occasion, alors je le fais.
Abdellatif Kechiche vous a-t-il donné des conseils ?Il a lu mon scénario et il aime beaucoup. Il m'a conseillé mais il a confiance. Il sait ce que je veux.
Vos 2 premiers films tournaient beaucoup autour de l'identité culturelle, est-ce qu'on vous propose autre chose ?Oui ça y est. Je lis des scénarios où je m'appelle
Juliette, Charlotte, Magalie. Ca me fait plaisir parce qu'avant tout je suis Française. Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas m'appeler Charlotte, même si dans la vie je n'ai pas une tête à m'appeler ainsi.
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